Daniel Blanchard " Partout, la structure capitaliste consiste à organiser la vie des hommes du dehors, en l'absence des intéressés et à l'encontre de leurs tendances et de leurs intérêts. " (nÞ 22, p. 4) " Dans les faits, le capitalisme est obligé de s'appuyer sur la faculté d'auto-organisation des groupes humains, sur la créativité individuelle et collective des producteurs, sans laquelle il ne pourrait pas subsister un jour. " (Ibid., p. 4) " Le prolétariat fait vivre le capitalisme à l'encontre des normes du capitalisme... C'est en cela que le capitalisme est une société grosse d'une perspective révolutionnaire. " (Ibid., p. 6) Rupture, à nouveau, rupture avec le marxisme cette fois, sur un point crucial. Il n'y a plus de " lois " de l'Histoire, ni de contradictions objectives essentiellement économiques qui déterminent la ruine inéluctable du capitalisme et l'avènement non moins inéluctable du socialisme. C'est la lutte des hommes pour la maîtrise de leur propre vie (l'autonomie, commence à dire Casto riadis) qui met en crise le capitalisme, qui ouvre la possibilité d'une société libre et qui lui donne un sens et un contenu concret. À ce moment de son parcours, on voit que Casto riadis se retrouve fort proche, mais sans jamais le reconnaître, de ce qu'a toujours été, me semble-t-il, la conception anarchiste et qui met en résonance, et même en synergie, la révolte de l'individu et le mouvement social. Il ne reniera jamais cet engagement mais le constat de la " pri va tisation " l'amène, vers 1965, à se détourner de l'activité politique et à mettre comme en suspens la perspective révolutionnaire. Mais non pas l'idée de révolution, j'y reviendrai. | |
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